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Des idées reçues sur la forêt à vite oublier !

 

Les idées reçues ont la dent dure, en forêt comme ailleurs. Aussi cette petite rubrique s'enrichira à chaque fois que nous découvriront des arguments erronnées ou incomplets qui mettent à mal le travail des forestiers.


Idée reçue n° 1 : « Les coupes à blancs sont néfastes pour l’environnement. »

L’objectif d’une coupe rase ou coupe à blanc est de récolter et commercialiser des bois arrivés à maturité. Il ne faut donc pas perdre de vue que tous ces bois, une fois usinés en palettes, meubles, parquets, charpentes ou autres, vont piéger ou plus exactement immobiliser du CO2 !

Rajoutons à cela que dans nos régions, toute coupe de bois qui s’inscrit dans un document de gestion durable ou une certification PEFC est raisonnée. Nombres de précautions doivent être prises, par exemple la préservation des cours d’eau ou des niches écologiques pour la faune, tels des arbres morts ou à cavités. Chaque coupe rase a aussi l’obligation d’être suivi d’un reboisement de la parcelle.

Certes la trace laissée par la coupe à blanc dans le paysage est indéniable, mais elle est seulement passagère. Par ailleurs, le bouleversement provoqué permet aussi de recréer une diversité qui peut être s’était estompée. En fait, elles créent un nouveau biotope et abritent momentanément de nouveaux hôtes (par exemple des oiseaux nicheurs au sol comme l’engoulevent, du petit gibier, des insectes saproxylophages). De fait, les coupes à blancs ne mériteraient de symboliser rien d’autre que le renouvellement de nos forêts et la production d’un matériau écologique !


Idée reçue n° 2 : « La production de bois résineux favorise la pénurie d’eau. »

Il est vrai qu’un certain nombre de couverts résineux interceptent et consomment davantage d’eau de pluie que beaucoup de couverts feuillus à cause d’un indice foliaire élevé et constant toute l’année. Il y a cependant des exceptions non négligeables, notamment avec les pins qui occupent en France des surfaces considérables ou les mélèzes.

Ceci étant, les plantations résineuses sont réalisées le plus souvent dans des régions pluvieuses et sur des sols propices (avec une réserve utile suffisante). Il faut aussi rappeler que les nappes phréatiques se rechargent essentiellement l’hiver grâce aux précipitations élevées et à cette période de l’année l’activité des résineux est au ralenti. De plus, résineux comme feuillus ont une forte capacité de régulation de leur consommation en eau lorsque la disponibilité de l’eau dans le sol diminue. Leur croissance est ainsi beaucoup plus faible lors des années de sécheresse.

En réalité on est bien loin d’une pénurie en eau aggravée par le travail des forestiers, car dans bon nombre de communes, les forêts, qu’elles soient feuillues ou résineuses, jouent un rôle précieux pour la production d’une eau potable de qualité et à moindre coût. En effet, l’eau captée sous les couverts forestiers est naturellement filtrée, chargée d’oligo-éléments, dépourvue d’intrants, avec un risque de crue et d’érosion minimum. Il faut simplement veiller à prendre les bonnes dispositions dans les périmètres de captage pour limiter l’interception de la pluie par le couvert forestier, en réalisant par exemple des éclaircies plus fortes dans les peuplements mono-spécifiques ou en introduisant des essences à couvert plus léger.


Idée reçue n° 3 : « Ne pas consommer de papier permet de préserver nos forêts. »

Largement répandue et propagée à travers les mails, cette idée que nos forêts seraient détruites à cause de la consommation de papier est complètement erronée. Au contraire l’industrie papetière en Europe permet de valoriser des bois qui ne peuvent pas être commercialisé ni en bois d’œuvre, ni en palette, ni en menuiserie. Cela signifie très concrètement que les propriétaires forestiers tirent profits de cette valorisation pour financer des travaux d’amélioration de leur forêt.

En effet, tout l’art du sylviculteur consiste à sélectionner les plus belles tiges pour favoriser leur croissance (la densité des peuplements résineux passant par exemple de 1.000 tiges/ha au moment de la plantation à 200 tiges/ha lors de la récolte définitive). La première des éclaircies ou coupes d’amélioration est pratiquée 15-20 ans après le reboisement. Cette coupe génère exclusivement des bois de petits diamètres et mal conformés. Sans les revenus des usines de papier et de panneaux qui achètent et transforment ces bois, il serait donc impossible pour la grande majorité des propriétaires forestiers de financer cette intervention si déterminante pour l’avenir de leur forêt.

En consommant du papier certifié PEFC, on participe donc à la préservation, à l’amélioration et au renouvellement de nos forêts françaises et européennes.